Kurohimé tomes 1 à 15

Kurohimé tome 15
Kurohimé était la plus puissante et la plus belle sorcière du monde. Elle utilisait ses redoutables pouvoirs pour combattre les dieux. Lassés par ses incessantes provocations, ceux-ci lui ont infligé une terrible malédiction en guise de vengeance. Ils l’ont privée de son amour et l’ont emprisonnée dans un corps d’enfant qui ne lui permet pas d’utiliser sa magie. Ce n’est qu’en éprouvant des sentiments qu’elle peut retrouver sa vraie apparence et, par la même occasion, récupérer ses pouvoirs. Sa rencontre avec Zéro, amoureux d’elle depuis qu’elle l’a sauvé dans son enfance, est le premier pas vers l’annulation de sa malédiction et la reprise de sa guerre contre les dieux. Mais la route est longue et semée d’embûches et l’amour de la redoutable sorcière ne se laissera pas apprivoiser si facilement.
Si on prête un oeil distrait à Kurohimé, il est facile de juger hâtivement le titre et de passer à côté de ses qualités. Son dessin et son scénario, à base d’humour et de combats, paraissent basiques et classiques et ne l’aident pas à sortir du lot. Son aspect sexy et la lenteur avec laquelle son intrigue se met en route non plus. Pourtant, il s’agit d’une oeuvre qui a plus d’un atout pour séduire.
Découpé en différentes parties de quatre à cinq volumes, le scénario de Kurohimé ne paye pas de mine. Il paraît extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste. Humour et action en sont les ingrédients principaux, agrémentés d’une pincée d’émotion et de mystère. Chaque arc donne un objectif clair à Kurohimé et suit les mésaventures et les combats qui lui permettent de l’atteindre. Toutefois, au fil des volumes, l’intrigue se complexifie et de nombreux événements, anodins de prime abord, prennent un sens quelques tomes plus tard. Au final, tout s’imbrique parfaitement pour nous offrir un scénario maîtrisé et bien plus compliqué qu’il n’y paraît. Je regrette simplement que l’univers de Kurohimé soit aussi vaguement défini. Selon son inspiration du moment, l’auteur y place tout et n’importe quoi, cowboys, magiciens, chevaliers, créatures fantastiques, et cela nuit à sa cohérence et à sa crédibilité.
Si la plupart des protagonistes sont d’un classicisme à mourir et peinent à convaincre, ce n’est pas le cas de Kurohimé. Tour à tour émouvante, amusante, fascinante ou impressionnante, c’est un personnage extrêmement fort qui porte le titre à bout de bras et connaît de profonds changements au fil de ses aventures. Hormis elle, rares sont les personnages qui se distinguent. Il est ainsi regrettable que Zéro, personnage central du manga, soit aussi fade et sans relief, quel que soit le stade de son évolution.
Soigné et agréable, le dessin du manga est lui aussi plutôt commun et laisse une impression générale de vide, due à des décors peu fournis. Toutefois, l’auteur nous offre régulièrement des cases plus travaillées. Je retiens particulièrement celles représentant les visages en gros plan, de somptueux portraits qui transmettent les émotions des personnages. J’apprécie également les représentations humoristiques (déformations, caricatures…) des protagonistes. De manière générale, les personnages sont expressifs et vivants et le dessin permet de s’attacher un peu à eux.
Pour conclure, je tiens à m’attarder sur le dernier volume de Kurohimé paru qui m’a fait très forte impression. L’ambiance est sombre et mélancolique pour la découverte d’une nouvelle facette de Kurohimé, de celle qu’elle était dans sa guerre contre les dieux, avant sa malédiction. Le personnage semble maudit et suit une vengeance dont on ignore encore la cause. Le volume 15 contient également un combat d’anthologie, dans lequel Kurohimé est mise en difficulté et s’en sort une nouvelle fois avec brio. Avec ce tome, le meilleur de la série, le manga monte clairement en puissance et c’est avec impatience qu’on attend la suite.