Tokyo Toybox tomes 1 et 2

Tokyo Toybox tome 1
Tokyo Toybox nous invite dans les coulisses du jeu vidéo par le biais du studio G3, spécialisé dans ce domaine. Dirigée par Tenkawa Taiyô, cette petite équipe vit de travaux de commande en attendant de pouvoir développer son deuxième gros jeu, après Samurai Kitchen. Les habitudes de travail anarchiques de ses employés se voient bouleversées quand la société-mère de G3 leur impose une nouvelle collègue, chargée de remettre de l’ordre dans le studio et d’améliorer sa rentabilité. Tsukiyama Hoshino a tout de l’employée modèle et apprécie mal cette rétrogradation infligée par son supérieur hiérarchique pour lui avoir fait de l’ombre. D’autant qu’elle ne connaît rien aux jeux vidéo et qu’elle va devoir travailler avec Taiyô, son voisin qui l’a malencontreusement surprise en jogging, en train de mimer les gestes de transformation de sa série préférée.
A la lecture, difficile de ne pas considérer Tokyo Toybox comme le Genshiken du jeu vidéo. Tout comme l’oeuvre de Kio Shimoku, il parlera particulièrement aux lecteurs disposant de connaissances dans le domaine traité. Ceux-ci y détecteront avec plaisir de nombreux clins d’oeil et références à leur univers de prédilection. Ils apprécieront également d’en découvrir les coulisses, décrites avec un réel souci du détail. Pour les autres, le manga offre également un côté didactique grâce au lexique de fin de volume et au personnage d’Hoshino. Novice dans l’univers du jeu vidéo, elle n’est pas sans évoquer Kasi Kasukabe de Genshiken. La différence majeure entre les deux titres se situe au niveau des préoccupations des personnages et de la cible visée. Centré sur le monde professionnel et ses difficultés (choix de carrière, problèmes économiques…), Tokyo Toybox s’adresse effectivement à un lectorat sensiblement plus âgé que Genshiken.
Au-delà de son contexte vidéo-ludique, Tokyo Toybox est avant tout une comédie du quotidien basée sur ses personnages et sur la dynamique de leurs relations. Si la plupart d’entre eux restent au second plan, dans le cadre de leur travail au studio G3, les auteurs parviennent malgré tout à mettre en évidence leur personnalité et à les rendre sympathiques. Taiyô et Tsukiyama, en tant que personnages principaux, sortent particulièrement du lot. Les sentiments qui naissent entre eux, ainsi que leurs nombreuses disputes, sont un des moteurs de Tokyo Toybox et pimentent son intrigue. Ainsi attaché aux personnages, le lecteur se passionne rapidement pour les déboires du studio G3.
Agréable mais irrégulier (notamment au niveau des visages), le dessin de Tokyo Toybox rend le manga et ses personnages très vivants. Le décor du studio G3 fourmille de détails et on se plaît à le parcourir en profondeur afin de repérer les clins d’oeil qui y sont cachés. La narration, elle, est efficace et offre une lecture facile et fluide qui permet une immersion immédiate.
Signé Ume, un duo d’auteurs composé d’Ozawa Takahiro et de Seo Asako, Tokyo Toybox est donc une réussite. Si les deux tomes du manga forment un tout plus qu’acceptable, il faut savoir qu’il existe une suite, Giga Tokyo Toybox, toujours en cours au Japon avec 4 volumes parus. En France, les deux séries sont publiées par Doki Doki depuis la fin de l’année 2008. Séduit par cet avant-goût de qualité, on ressort donc de Tokyo Toybox avec l’envie irrésistible d’en lire la suite, ce que je m’apprête à faire très prochainement. Je vous en reparlerai certainement.